La « date anniversaire » en psychogénéalogie :

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La « date anniversaire » en psychogénéalogie :

Date de publication : 08/01/2026
Par Marion Braida

La psychogénéalogie et son cadre de pratique

La psychogénéalogie est une discipline qui explore l’impact des transmissions familiales inconscientes sur la vie d’un individu. Développée par Anne Ancelin Schützenberger, cette approche repose sur l’idée que des événements vécus par nos ancêtres, parfois non résolus ou traumatisants, peuvent influencer nos choix, nos émotions et nos comportements.

La psychogénéalogie est intégrée en psychothérapie grâce à :

Un génogramme : une représentation graphique de l’arbre généalogique, enrichie d’événements marquants comme des naissances, décès, maladies.…

Une analyse transgénérationnelle : une étude des répétitions de schémas, des transmissions inconscientes et des loyautés familiales.


Le cadre de la pratique est thérapeutique et introspectif. Il s’agit d’accompagner le consultant/patient dans une prise de conscience des liens transgénérationnels qui influencent son quotidien ( ou a influencé), sans jugement ni interprétation imposée. L’objectif est de mettre en lumière ces mécanismes inconscients pour permettre une libération psychologique et émotionnelle.
Cela se crée car une partie figée du cerveau commence à mettre en mouvement son interprétation pour alimenter de nouvelles compréhensions et donner vie à de nouvelles pensées/ croyances.

La notion de “date anniversaire” en psychogénéalogie

Une date anniversaire est une journée ou une période spécifique qui marque un événement marquant dans l’histoire familiale. Ces dates, souvent oubliées consciemment, peuvent se répéter dans la vie des descendants et déclencher des émotions, des comportements ou des événements significatifs: addictions, maladies physiques et mentales, schémas de loyauté, peurs, haine …

Elles peuvent correspondre à :
• Des événements heureux : mariages, naissances, réussites.
• Des événements tragiques : décès, accidents, ruptures, faillites.
• Des périodes précises de l’année où un événement marquant s’est produit, même si la date n’est pas connue (il s'agit parfois d'une interprétation comportementale d'un autre membre de la famille proche, souvent donneur de soin pour l'enfant qui grandit et inscrit une association entre la période et le stimulus comportemental retour).

Dans ce contexte, la date anniversaire dépasse le cadre symbolique. Elle devient une “empreinte inconsciente”, agissant parfois comme un déclencheur. Par exemple, une personne peut vivre une déprime « sans raison apparente » à l’approche d’une date correspondant au décès d’un ancêtre, même si elle n’a pas connaissance de cet événement. Ce mécanisme prend forme dans l’intentionnalité paradoxale des ascendants qui, sans conscientiser leurs ressentis et leurs actions, émette des informations par leurs comportements, injonctions, mécanismes de défenses etc. L’enfant lui, reçoit ce sas d’affect, qu’il inscrit en traduction comme « sans cause », et opère avec ce nouveau schéma, qu’il sera susceptible de transcrire par écho à son enfant plus tard.

L’impact des dates anniversaires sur l’individu : une transmission épigénétique

La notion d’héritage transgénérationnel ne se limite pas aux comportements ou aux schémas éducatifs. Elle inclut également des mécanismes biologiques, notamment via l’épigénétique, qui étudie l’influence des expériences vécues par une génération sur l’expression des gènes des générations suivantes.

Comment cela fonctionne ?


Lorsqu’un ancêtre subit un choc émotionnel intense (deuil, guerre, abandon), cet événement peut provoquer des modifications épigénétiques : des marqueurs chimiques viennent “inscrire” ce traumatisme dans son ADN. Ces marqueurs peuvent être transmis à ses descendants, influençant leurs réactions face au stress, leurs émotions, ou leur santé mentale.

L’effet des dates anniversaires


Les dates anniversaires activent ces mémoires transgénérationnelles en ravivant, de manière inconsciente, les émotions associées à un événement familial. Ces impacts peuvent se manifester par :
Des émotions soudaines et inexpliquées : tristesse, colère, anxiété…
Des symptômes physiques : fatigue, douleurs inexpliquées…
Des événements récurrents : ruptures, maladies, ou accidents survenant à des périodes similaires dans la vie d’un individu ou d’une lignée.

-> Tenons compte que l’impact de la projection parentale est aussi existante dans ces réactivations.

La prise de conscience grâce à l’analyse transgénérationnelle


L’étude des dates anniversaires au travers de l’arbre généalogique permet de mettre en lumière des répétitions ou des synchronicités dans l’histoire familiale.

En comprenant l’impact des transmissions inconscientes, la personne peut agir pour éviter de reproduire certains schémas ou pour libérer des charges émotionnelles qui ne lui appartiennent pas.
Lorsque nous utilisons en psychogénéalogie des termes comme « n’appartiennent pas » nous mettons en lumière dans l’analyse que l’inconscient familial de l’enfant héritier induit chez lui des réflexes/ symptômes/ comportements pour répondre à la demande familiale (non directe et rarement demandée dans le verbal).

Il y a donc chez l’enfant un tronc commun, commun à tous, de développement physique et mental. Puis ces envies que chacun d’eux transgressent à travers le désir parental, ex: un enfant ressentant la souffrance d’un père lorsque l’argent est présent (héritage non équilibré dans l’arbre qui déclenche des névroses de compensation) pourrait dans son histoire de vie, sur considérer l’argent, en souhaitant en avoir beaucoup ou le dépenser absolument (argent qui brule les mains).

La prise de conscience provoque souvent un effet cathartique. Lorsque l’individu identifie une correspondance entre une date et un événement familial, son esprit peut :
• Relâcher la tension émotionnelle : Le lien inconscient est mis à jour, et le cerveau peut cesser d’envoyer des signaux d’alerte.
• Réécrire l’histoire familiale : Le fait de comprendre qu’un poids émotionnel ne lui appartient pas d’origine (car la personne se l’attribue) permet de redéfinir son rapport à son identité.
• Rompre les loyautés invisibles : Certaines personnes se sentent inconsciemment obligées de “réparer” ou de “revivre” un événement passé pour honorer leurs ancêtres. Prendre conscience de cette loyauté et de sa posture (rapport du sauveur)


L’analyse en thérapie par la psychogénéalogie doit être investie à travers des hypothèses de travail. Il est nécessaire de connaitre l’historicité de la personne et la demande lorsqu’elle consulte (comme dans une thérapie classique, la psychogénéalogie est une approche).

Cette étude vous fera revoir et comprendre les grands principes systémiques de votre famille tout en recevant les infirmations sur les différentes dynamiques de places (enfant n°1 ou dernier de fratrie, ou « celui qui doit réussir », ou « celui qui est mis de coté », « celui qui fait sa vie en fonction de celle du parent » etc).

A travers ce travail, vous apprenez à donner une réponse au "pourquoi" et vous permettez une transmutation réelle vers le "comment".
Dans le cadre de mon expertise clinique, il me semble essentiel d'assembler l'approche de la psychogénéalogie avec des thérapies comportementales et cognitives, dans un cadre thérapeutique soutenu.

©Juan Pablo Serrano

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