Et si la relation d’attachement durant l’enfance influençait vos relations et vos comportements?

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Et si la relation d’attachement durant l’enfance influençait vos relations et vos comportements?

Date de publication : 02/02/2026
Par Marion Braida

La notion de relation d’attachement revient à considérer que le rapport à l’autre dans l’enfance va être marqueur de l’évolution relationnelle de l’enfant, adulte en devenir.

Qu’est-ce que l’attachement ?

L’attachement est un lien émotionnel profond qui se développe entre un enfant et ses figures d’attachement (souvent les parents).
Selon Bowlby (1969), il s’agit d’un besoin fondamental pour assurer la sécurité et la survie du petit d’Homme. L’enfant à un besoin vital de nourrir un lien d’attachement avec son référent, c’est par cela qu’il sait exister. Cet enfant est parce que l’adulte et ses comportements servent à le représenter.

Le comportement et la façon d’être du référent, envers qui l’attachement de l’enfant se construit, influence l’enfant dans sa propre considération. C’est par des types de relations d’attachement, que nous verrons plus loin dans l’article, que cette considération prend son sens.
Nos relations projetées dans le futur et comportements sont profondément influencés par ce démarrage relationnel.

Cette forme de relation, apprise et à travers laquelle l’enfant sait se construire; façonne notre manière d’interagir avec les autres, notamment en amour, en amitié et même au travail. Ce jeune individu qu’est l’enfant, va s’orienter dans ce qu’il connait et reconnait, une structure d’apprentissage à travers laquelle il créé son monde.

Connaitre notre style d’attachement peut nous aider à identifier nos schémas relationnels et, si nécessaire, à les modifier pour des relations plus saines. Identifier sa structure de connaissance de départ, celle qui consolide l’idéal du monde, de notre monde, aide à mieux percevoir la qualité des relations qui sont aujourd’hui au coeur de nos relations.

Mary Ainsworth (1978) a complété la théorie d’attachement avec son expérience de la “situation étrange”, qui a permis d’identifier quatre styles d’attachement.

Les 4 types d’attachement et leurs impacts

1. L’attachement sécurisant
→ Développé avec des parents disponibles et réactifs.
• Enfants confiants, capables d’exprimer leurs besoins. Les enfants ont aussi confiance aux autres.
• Conséquences reconnues: adultes à l’aise dans les relations, capables d’intimité et d’indépendance. Les relations sont souvent équilibrées et réciproques.

2. L’attachement anxieux (ou préoccupé)
→ Développé avec des parents parfois présents, parfois distants.
• Enfants incertains de la réponse parentale, demandant souvent de l’attention. Besoin constant de réassurance. Ces enfants sont souvent possessifs et ont peur d’être séparés.
• Conséquences: adultes ayant peur de l’abandon, cherchant une validation excessive. Ces adultes sont très sensibles aux « signes de rejet » et recherchent la proximité pour tenter d’être rassurés, ce qui créé de la dépendance.

3. L’attachement évitant (ou détaché)
→ Développé avec des parents peu disponibles émotionnellement.
• Enfants indépendants, cachant leurs besoins affectifs.
Conséquences: adultes ayant du mal à s’ouvrir émotionnellement, fuyant l’intimité. Difficulté à accepter la proximité émotionnelle et sont très peu dépendants. Il existe chez eux une tendance à minimiser leurs émotions et celles de autres.
Ce maintien à distance permet la sécurité pour eux de ne jamais rentrer dans la dépendance car ils risqueraient d’un jour rentrer dans une dépendance relationnelle.

4. L’attachement désorganisé
→ Développé avec des parents imprévisibles ou maltraitants, contradictoire, incohérents.
• Enfants confus, à la fois attirés et effrayés par la figure d’attachement. La source d’attachement est imprévisible, c’est un traumatisme pour l’adulte en devenir.
• Conséquences: adultes ayant des relations instables, alternant entre besoin d’amour et rejet. Les relations sont souvent ornées d’ambivalences émotionnelles, de confusion; oscille entre forte dépendance affective, passion et besoin de distance, évitement, rejet et isolement, les émotions sont minimisées.

Comment l’attachement influence nos relations ?

Le style d’attachement façonne nos comportements en tant qu’adultes ou adultes en devenir. Il intervient dans la structure des relations, dans les filtres d’attirance sociale mis de façon inconsciente: j’attire ce que je connais, ce que je crois devoir attirer et/ou ce qui me convient d’attirer.

Dans les relations amoureuses les personnes avec un attachement sécurisant entretiennent des relations bien souvent équilibrées et résolvent mieux les conflits, que celles qui ont grandi avec un attachement désorganisé ou anxieux.

Les individus anxieux ont tendance à être fusionnels et à rechercher constamment des preuves d’amour. Ils peuvent alors attirer des personnes qui renforcent leurs craintes (ex: un type de personne dans un attachement évitant ) ou trouver des relations avec des personnes qui se trouvent dans les mêmes difficultés.

Nos premières relations façonnent nos schémas d’attachement et influencent nos attentes dans les relations amoureuses adultes.” (Hazan & Shaver, 1987).


Une idée de ce que cela pourrait rendre dans les relations sociales et professionnelles:
• Les individus sécurisants collaborent bien et s’adaptent facilement.
• Les anxieux peuvent être hypersensibles au regard des autres.
• Les évitants préfèrent travailler seuls et peuvent éviter les conflits.
Les désorganisés peuvent avoir du mal à gérer le stress et l’autorité.

Le type d’attachement donne une indication et non une exactitude. En psychothérapie, lorsque nous décortiquons vos troubles relationnels, nous considérons un lien avec la relation d’attachement dans l’enfance, mais aussi votre historicité complète, les expériences vécues etc.

Alors, comment améliorer sa relation aux autres ?

Chouette nouvelle : le style d’attachement n’est pas figé et peut évoluer avec un travail sur soi.

Il vous faut prendre conscience du style d’attachement de départ.


L’auto-réflexion est la première étape. Lire sur le sujet, observer ses réactions dans les relations, et identifier ses schémas répétitifs aide à mieux comprendre ses propres comportements. Ceci est un travail à faire seul et aussi avec l’aide d’un professionnel de la santé mentale au besoin pour une analyse extérieure.

Travailler sur la régulation émotionnelle et les résultats de souffrance

→ Qu’est-ce qui vous fait souffrir dans vos relations ?
→ A partir de quoi vous savez que vous souffrez?
→ Repositionnez votre structure émotionnelle
• Pour le type anxieux : apprendre à se rassurer sans dépendre des autres.
• Pour le type évitant : s’exercer à exprimer ses émotions et accepter la proximité.
• Pour le type désorganisé : travailler sur la stabilité émotionnelle avec un thérapeute.

Tentez vous aux expériences comportementales !

En thérapie, je dis souvent qu’il est essentiel de se mettre en mouvement, dès lors qu’il y a une situation qui fait stagner (et aussi parce que bouger c’est vivre, dans tous les sens du terme).

Au cabinet: Les thérapies comportementales et cognitives (mises en pratique des comportements), les arts-thérapies (expression et compréhension des émotions + travail des ressources), l’hypnose (compréhension de ses comportements et travail de ressources internes), la thérapie transgénérationnelle/ Psychogénéalogie ( comprendre le sytème familial, les injonctions parentales et les comportements répétitifs).

Entourez vous de vous !


Encouragez vous, créez de nouvelles choses, prenez du temps pour vous, maintenez un check émotionnel, créez vous un espace ressource etc.

Bibliographie
• Bowlby, J. (1969).
• Ainsworth, M. (1978).
• Hazan, C., & Shaver, P. (1987). .

© Pixabay

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